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3 ŒUVRES MAROCAINES À SAVOURER CET ÉTÉ

Des idées de lectures marocaines, mises de côté pour vous par la rédaction de Kenzi+ à savourer durant (et après) votre été.

L’été est encore là ! Alors qu’un air de vacances envahit le pays, les valises se remplissent. Qui pour fredonner le clapotement des petites vagues. Qui pour s’offrir ce joli hâle de bronzage. Qui encore pour fuguer dans des no man’s land avec un bouquet de livres à savourer.
Ce sont ici trois auteurs marocains. Trois œuvres marocaines, minutieusement choisies par notre rédaction, que vous pouvez glisser dans votre sac pour agrémenter votre été et explorer votre âme… À vos marques-pages!

#1-Un thriller à la sauce casablancaise. Un savant mélange de meurtres sanglants, des enquêtes policières et journalistiques, voici quelques ingrédients de ce récit qui, mêlant fiction réaliste et thriller haletant, se déroule dans une Casablanca «prétentieuse». L’écrivaine entrelace la vie de trois narrateurs. Trois perceptions du monde qui, nous suspendant au fil des 219 pages, s’entrechoquent parfois, se contredisent souvent: la journaliste Rita, le commissaire Abid et un assassin qui se considère comme une sentinelle d’Allah, la main de Dieu sur Terre pour l’épurer de ses «mécréants». Un tueur en série ordinaire? Loin s’en faut: il signe ses crimes de versets coraniques. Ce thriller sans concession qui s’est vu attribué le 5ème Prix littéraire du Sofitel tour blanche se distingue; et la différence avec le tout venant se fait dès les premières pages. La Chaise du concierge (Editions Le Fennec) – Bahaa Trabelsi.

#2-Un best-seller, si bien nommé. Le jeune auteur Bachir Bachir (BB), devenu la coqueluche de Casablanca après la réussite inespérée de son premier roman, semble croire en la pérennité de son triomphe. Soudain, le cours de sa vie prend un autre tournant. Exit le succès de l’écrivain miraculé. Place au déclin graduel de son aptitude à écrire, disparue finalement. Ainsi va la trame de BB, père d’un petit Farid. Devant un concurrent balayant tout sur son passage et un éditeur affairiste, Bachir n’a d’issue que de commettre l’impensable… Ce deuxième roman de Dalil, classé premier des meilleures ventes de livres francophones en 2016, méritant une mention spéciale du Jury du Prix de la littérature arabe, est une incursion dans l’intimité du milieu littéraire marocain, délicieusement grinçante. Un récit, donc, d’une rare noirceur dont le souffle nous subjugue autant qu’il nous exaspère par moments. Best-seller (Edition Le Fennec) – Réda Dalil

 

 

#3-Plongée dans l’âme d’un collectionneur d’Art. «Imaginez que vous rencontriez soudain (à Rabat ou ailleurs) un collectionneur d’art, non pas un galeriste qui espère vendre tout ce qu’il montre, mais bien un collectionneur obsessionnel.» Ce sont ces mots qu’utilise François Clément pour signer le texte de couverture du deuxième roman de Mounir Serhani, nous invitant à lire le Hangar sous le signe du désenchantement. Ce roman, sur et pour l’art, les artistes – surtout ceux et celles «dignes de ce nom» – ne manque pas de fougue. Dressant le portrait d’un collectionneur d’œuvres d’art mégalomane et cynique dont la vie se résume en la Toile, l’œuvre s’interroge sur l’existence d’un marché de l’art et les liens entretenues par ses acteurs (artistes, galeristes, marchands d’enchères et collectionneurs). Vous êtes un(e) passionné(e) de l’art? Vous cherchez des réponses? Allez vite récupérer Le Hangar. Le Hangar (Editions Orient) – Mounir Serhani

 

Par Houssam Hatim