ABDELHAK NAJIB: LE PRINTEMPS DES FEUILLES QUI TOMBENT

Après un franc succès réalisé par «Les territoires de dieu», l’écrivain et journaliste, Abdelhak Najib, sort son second roman «Le printemps des feuilles qui tombent». Celui-ci est actuellement en librairie et ça tombe bien avec le début du printemps.

L’histoire se passe encore une fois à Casablanca, mais cette fois-ci dans l’ancienne Médina. Assurément, «Le printemps des feuilles qui tombent» n’est autre que le deuxième volet de la trilogie dédiée à la capitale économique. Il s’agit d’une immersion sans limites dans les réalités des printemps arabes, leurs illusions et désenchantements, les rêves rompus d’une génération dépourvue de repères et d’avenir, ainsi que le combat conjectural pour une identité arabe indéfectible. Un sujet très actuel qui selon Abdelhak Najib demeure une réalité qui ne va pas changer de sitôt. «Il faut dire les choses comme elles sont, le printemps arabe est la plus grande supercherie qui soit. Un immense mensonge, mâtiné d’horribles désillusions pour des dizaines de millions de citoyens, tous balayés par la peur et les mics-macs politiciens.  Le monde arabe est plongé dans un univers sibérien, une époque glaciale, gelée où seule l’attente fait office d’espoir…», affirme-t-il.
Le roman raconte le périple de deux jeunes amis, Simohamed et Khalid. Le premier est un vendeur de poisson bardé de diplômes. Le second, un révolutionnaire convaincu. Simohamed passe la journée à nager derrière la grande mosquée Hassan2. Il veut passer un concours de traversée du détroit de Gibraltar pour gagner un billet d’entrée en Espagne. Khalid veut juste changer le monde. Leur insatisfaction les plonge au cœur de l’impossible, mais la soif de le réaliser en décide autrement. Ainsi, les événements s’enchainent et finissent dans un réquisitoire contre la politique, les idéologies obscurantistes, les magouilles et autres calculs d’intérêts pour museler une jeunesse aux abois.
Au fil des pages, à travers un style simple et clair, on découvre un ton poignant, un humour noir et une description incontestée qui retrace une réalité amère, des espoirs frustrés et des destins brisés par une évidence refoulée, mais l’auteur adoucit l’ambiance par quelques passages drôles et cyniques sur l’ivresse du pouvoir, ses différentes manipulations, ainsi que des envolées lyriques sur l’amour, la passion et le désir dans cette belle idylle entre Simohamed et la belle Selma, une riche  jeune bourgeoise révoltée, qui paie un lourd tribut à sa volonté de changer de vie.
L’auteur se montre assez pessimiste mais n’en demeure pas moins réaliste. Il manifeste une forte détermination à ouvrir les yeux et ne plus croire en de faux espoirs en déclarant: «Le temps du rêve est fini, depuis très longtemps. Le cauchemar continue de hanter ce Monde arabe, le réveil sera encore plus douloureux…»
Déjà annoncé, «Meurtre parfait à Anfa» est le titre du prochain et dernier volet de la trilogie. Celui-ci en dit long sur un récit où Casablanca est encore une fois mise en exergue. La ville natale de Abdelhak Najib aura ainsi été sa principale source d’inspiration et une belle façon de déballer toutes les réalités qui lui tiennent à cœur…; celles qui dénoncent le côté noir d’une ville blanche appartenant à un monde arabe actuellement souffrant.

Par Kenza Tazi

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