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AHLAM ZAIMI: UNE ACTRICE AUTODIDACTE

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À chaque fois que les réalisateurs font appel à Ahlam Zaimi, elle nous démontre à nouveau ses talents de comédienne. Les marocains commencent à bien connaître le visage de cette actrice aussi belle que talentueuse, présente dans les programmes les plus populaires du Ramadan. Sa candeur mais aussi son charisme sur papier glacé en font l’égérie de plusieurs marques. Mais bien plus qu’un joli minois, c’est une jeune femme exigeante dont le parcours hors norme laisse deviner une grande curiosité intellectuelle, doublée d’un esprit des plus vifs. Autant de qualités qui ne peuvent déboucher que sur un grand destin. Nous n’avons donc pas fini d’entendre parler d’Ahlam Zaimi, et c’est tant mieux.

-Quand on passe au crible vos parcours scolaire et professionnel, on comprend vite que vous êtes une insatiable touche-à-tout, qu’il s’agisse de jouer un rôle, de chanter ou encore de danser. Pourriez-vous nous en dire plus sur votre itinéraire ?
Une fois mon baccalauréat en poche, j’ai intégré HEM Business School où je me suis spécialisée dans le marketing. Par la suite, j’ai eu l’opportunité d’évoluer au sein d’une multinationale de renom où j’ai pu faire carrière dans le secteur de l’hôtellerie. Ma vie d’artiste, quant à elle, est la conséquence d’un heureux concours de circonstances qui a fait coïncider plusieurs facteurs. C’est un très bon ami à moi, Mourad Zaoui, qui en a été le déclencheur. Cet acteur émérite a entraperçu chez moi un potentiel que j’ignorais jusque-là, il m’a donc recommandée pour le rôle principal d’une série ramadanesque, j’ai passé le casting et décroché le rôle, à ma grande surprise, cela m’a permis de me faire connaître, et c’est comme ça que tout a commencé. Durant le tournage, j’ai beaucoup appris sur l’essence même du jeu d’acteur à la fois comme comédienne et spectatrice. Et contre toute attente, j’ai eu le coup de foudre pour ce métier, d’autant plus que la caméra m’avait spontanément adoptée. J’ai donc voulu renouveler l’expérience, et c’est là que l’acharnement a emboité le pas à la chance de la débutante. N’ayant jamais pris de cours de théâtre, j’ai travaillé sans relâche pour me mettre dans la peau des personnages, les comprendre, faire vivre chacune de leurs nuances. Et ça a finalement payé car j’ai, depuis, enchainé les projets. En outre, cet univers me permettait de développer d’autres moyens d’expression, comme la danse et le chant, qui ont toujours fait partie de mes centres d’intérêt.

-Quand on vous voit poser devant l’objectif, on a l’impression que c’est un mode d’expression qui est inné chez vous. À quel moment avez-vous réalisé que vous étiez douée pour le mannequinat ?
(Rires…) Ma maman saurait mieux répondre à votre question. En fait, je posais pour des publicités alors que j’étais haute comme trois pommes. J’avais à peine 6 ans quand j’ai tourné mon premier spot, j’ai donc très tôt su maitriser les expressions sur mon visage. Comme dirait Maurice Béjart «Mon vocabulaire est celui du corps, ma grammaire est celle de la Danse, mon papier est un tapis de scène». Cela m’amusait de poser pour les magazines, alors que les podiums m’insupportaient. Certes, je ne suis pas assez grande pour défiler, mais ça ne m’a jamais réellement intéressée. J’ai toujours préféré la photo, la mise en scène qui permet de figer l’image à un instant T, la magnificence du costume, la précision du Make-up, la manière dont la lumière épouse chaque élément… Toute une maestria qui peut transformer une simple photo en un chef d’œuvre! On peut presque tout dire avec le corps, alors quand on y associe la puissance de l’image, on aboutit à un pouvoir supérieur à celui des textes et des paroles.

-Vous vous êtes pourtant très vite tournée vers la télé, qui n’a pas mis longtemps avant de vous faire les yeux doux. Comment avez-vous appréhendé cette nouvelle reconversion ?
Cette reconversion a beau être le fruit du hasard, je l’ai plutôt vécue comme une prise de conscience. Je ne pensais pas être comédienne ou peut-être secrètement. gamine, j’étais plus attirée par les mouvements de danse. Cela a été un nouveau départ pour moi, riche en épanouissement personnel et professionnel, mais quand même au prix de quelques efforts et prises de risque. C’est un domaine qui exige d’être passionné, d’apprendre à écouter ses émotions et son intuition. J’ai eu la sensation d’avoir enfin trouvé ma voie, d’être à ma place, j’ai retrouvé du sens, et redécouvert le plaisir de travailler. Toutefois, ça a été un processus long et intense car j’ai entamé cette nouvelle carrière avec énormément d’appréhension, mais j’y suis allée malgré tout, avec mes maladresses, en me réservant le droit de me planter! Ça me nourrit d’essayer de me dépasser. J’ai cette capacité à apprendre de mes erreurs, et je crois que le plus important, c’est de surmonter ses peurs en étant sincère avec soi-même et avec son public. J’essaie toujours d’orchestrer au mieux toutes mes activités de sorte à donner le meilleur de moi-même quelle que soit la facette que je donne à voir. Après, c’est important de se remettre en question, même s’il y a forcément des moments où j’y crois moins. Tout est une question d’audace et de rapport à soi.

-Quelles difficultés avez-vous eu à surmonter durant votre parcours?
Les difficultés sont sensiblement les mêmes quel que soit le domaine selon moi. Mon expérience dans l’hôtellerie et la communication m’a amenée à développer une méthodologie pour mieux gérer les aléas. Je pose mes objectifs, j’élabore une stratégie pour les atteindre et j’ajuste au fur et à mesure de l’avancement des choses. Je fais un métier risqué, mais j’aime me retrouver dans des situations inattendues! Je me remets continuellement en question afin d’éviter de m’égarer de mes objectifs. Changer de vie ou non? Quel projet choisir? Comment être sûre que le projet identifié est le bon? Là aussi, j’ai une méthodologie précise. Je me projette dans chacune des options envisagées, et je ne néglige pas les échanges avec mes pairs. Je discute et discute encore, tout en prenant garde à maintenir intacte ma capacité de discernement, et à rester fidèle à moi-même.

-Quels sont les acteurs/actrices qui vous ont le plus inspirée? Comment influencent-ils votre travail ? Lesquels vous donnent envie de collaborer avec eux?

Je suis une fan absolue de Charlize Theron et Penélope Cruz. Chacune de leurs apparitions sont pour moi un vrai choc autant visuel qu’émotionnel. J’aime beaucoup aussi Eva Longoria, Jennifer Aniston, ou encore Cate Blanchett notamment pour la justesse de son jeu. Mais j’aime par dessus tout les actrices qui savent danser et utiliser leur voix. Ce sont là des aptitudes que certaines ont par instinct ou de façon innée… En tant que spectatrice, je peux sentir que certaines ont beaucoup de présence et d’autres moins. Quel que soit le cas, loin de moi l’idée de copier leur jeu, mais je ne peux m’empêcher d’être inspirée par leur manière de donner vie à certains rôles, et l’énergie qu’elles mettent à défendre un projet auquel elles croient. C’est le cas de Charlize Theron dans Monster, où elle a encore une fois prouvé ses talents d’actrice, au détriment de sa plastique parfaite. Mais les acteurs qui forcent le respect sont, selon moi, ceux qui n’ont pas eu de formation et qui ont pu se faire un nom à l’international, comme le marocain Said Taghmaoui. Par ailleurs, je rêve de jouer dans un film de Spielberg. Mais mon rêve ultime c’est d’être dirigée par Woody Allen. C’est essentiel de ressentir la vision du réalisateur quand on tourne, et il se trouve que sa mise en scène, sa patte, sa vision me passionnent. Sinon, je me devais de vous parler de Johnny Depp, il s’agit là d’un fantasme de jeune fille (Rires). Plus sérieusement, la liste risque d’être interminable car je crois que j’aime les acteurs encore plus que le cinéma! Dans ce domaine, il y a plus matière à rêver que dans d’autres, mais il y a aussi plus de probabilités de réaliser ses rêves.

-Quels sont les domaines qui vous intéressent, que vous n’avez pas encore explorés ?
Ça fait peut-être cliché mais j’aimerais passer du petit au grand écran. Mon prochain objectif serait donc le cinéma, et à terme, le cinéma étranger. Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec on atterrit dans les étoiles…

-Pouvez-vous nous en dire plus sur vos projets?
Il y a bien entendu la série «Waadi», qui passe actuellement sur la première chaîne, et qui remporte un franc succès. Toujours à la télé, la diffusion de la série “Hyati”, qui est une sorte de “Revenge” à la marocaine. Série réalisée par Yassine Fennane, où j’ai eu la chance de donner la réplique à de grands acteurs et actrices de la télévision marocaine. Je vous en dirais probablement plus après le Ramadan. J’ai d’autres projets qui sont en cours de négociation et que je vous dévoilerai en temps voulu. Je terminerai avec une citation d’Hector Berlioz: «La chance d’avoir du talent ne suffit pas; Il faut encore le talent d’avoir de la chance».

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Hakima Yassine Chawki