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BONNE JOURNÉE DE L’HOMME!

BONNE JOURNÉE DE L’HOMME!

Je me sens généreuse en ce 8 mars, tellement généreuse que j’ai envie d’offrir ces 24h au sexe dit fort. Pourquoi, me demanderiez-vous, aurais-je envie d’abandonner l’honneur que “l’hommanité” a daigné me faire? Tout simplement parce qu’accepter la symbolique de cette journée revient à faire le jeu de la misogynie pardi! C’est nous cantonner nous-mêmes dans le rôle que la société machiste veut bien nous accorder. Si nous étions les égales des hommes, pourquoi diable la journée de la femme existerait-elle? Non mesdames, cette journée n’est pas un cadeau, c’est une piqûre de rappel, un symbole rétrograde pour garder en tête que la place que l’on occupe est 364 fois inférieure à celle de nos compagnons, 365 les années bissextiles.

Dans les mentalités marocaines, cette femme du 8 mars, c’est celle qui ne sera jamais majeure, qui est et qui restera toujours mineure, une simple exécutante, dont le salaire se rapporte à l’usage qu’elle est censée en faire, payer son esthéticienne. La 8 “marsienne”, c’est celle qui ne sait pas conduire, incapable de réussir un foutu créneau, c’est pourtant si simple… comme en témoigne le regard incrédule du gardien casablancais moyen qui me voit faire un rangement en bataille. Célébrer le 8 mars au Maroc, c’est se contenter de la citadelle dans laquelle on nous a enfermées et se résigner à ne pas changer ces comportements archaïques qui nous oppriment. C’est ne pas réagir quand on nous donne des surnoms de bébés animaux dans les rues, quand on a du bol. C’est laisser couler quand on nous explique que marier une fille avec son violeur est acceptable. Non, cette journée n’est pas une célébration de la femme, c’est juste une autre manière de remuer l’épineuse rose dans la plaie. Je milite donc pour la suppression de ce jour, passons directement du 7 au 9 mars et finissons-en!

 

Hakima Yassine Chawki