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CE JOUR LÀ, JE PRIS MA RETRAITE…

CE JOUR LÀ, JE PRIS MA RETRAITE…

Ce jour-là, je pris ma retraite, après trente ans au service de l’enseignement dans le secteur public et privé. J envisageais alors un nouveau parcours, un nouveau mode de vie libérée du joug de la lourde responsabilité que j’avais assumée en toute conscience. Et voilà ce qui arriva trois mois plus tard.

Le vide commençait à meubler mon existence. La maison trop grande amplifiant ma solitude. Les journées me semblaient interminables. En plus, mon mari, n’avait plus de travail, pour des raisons de santé. J’étais seule à subvenir à nos besoins quotidiens. Autrement dit, la seule à régler les factures en essayant difficilement d’atteindre ou pas, le même niveau le niveau où l’on vivait avant. Lui, passait ses journées à se morfondre dans les cafés en compagnie de ses amis qui lui servaient de psychologues. Il fallait me secouer et réagir à cette situation. Comment combler ce vide? Je faisais mes prières et implorait Dieu, le tout puissant, de m’octroyer une activité qui conviendrait à mon tempérament et me passionnerait. Mais mon salaire ne pouvait réaliser mon rêve. Toutefois quel rêve? Je n’en avais aucune idée. Des idées défilaient dans ma tête, s’entrechoquaient, basculaient puis s’évaporaient. Allais-je passer ma retraite à végéter ? Mes enfants, tous à l’étranger, m’encouragent mais rien n’était à mon goût. Vint un soir où je m’endormis sans espoir…

Je volais au dessus de nuages cotonneux et m’amusais à faire des plongeons tandis que la chaleur douce du soleil me caressait. Je m’élevais vers cet astre de lumière attirée par son doux foyer quand une voix me murmura: « continue ainsi, n’aie crainte…C’est alors un immense jardin m’apparut, si beau si reposant que je me vis assise sur un banc. Un bras se posa sur mon épaule, une forme humaine indistincte me tendait quelque chose. Je la pris puis j’ouvris les yeux. Ce n’était qu’un merveilleux rêve!

Désespérée, je me préparais un café, quand soudain on sonna à la porte. On me rapporta une lettre recommandée: j’étais convoquée au tribunal ! Quelle poisse ! Le lendemain, la trouille au ventre, je fus accueillie par le juge. Le sourire aux lèvres, il m’apprit qu’un héritage me revenait de mes ancêtres. Inouï, incroyable mais vrai ! Mon nom figurait plusieurs fois sur les documents que je devais émarger. C’était bel et bien moi l’héritière !

Ni mon père ni mon grand-père n’avaient connaissance de ses biens. Néanmoins, ils savaient que leur arrière grand-père avait, jadis, déserté son village, pour fuir à Marrakech, avec toute sa famille, suite à des guérillas tribales. Mais il fut tué, en route et toute sa famille décimée. Heureusement que les titres fonciers étaient restés à la conservation foncière de la région.

C’était lors de la réalisation du projet de l’énergie solaire que le gouvernement avait convoqué les propriétaires  pour l’achat de leurs terrains que l’on découvrit la richesse de mes ancêtres et dont j’étais la seule et unique héritière.

Tout s’éclaircit alors pour moi, mon rêve se concrétisa. Ma vie avait changé en un clin d’œil. C’est ainsi que j’eus l’idée de fonder une maison de retraite qui serait gérée par mes propres fonds. Aujourd’hui, c’est mon passe-temps, ma vie et mon miracle. Quant à mon mari, il s’occupe désormais d’un commerce qui le passionne.