ÉMIRATS: CONSTRUIRE UNE MONTAGNE POUR AVOIR LA PLUIE

Avec seulement 78 millimètres de pluie par an, les Émirats arabes unis ont décidé de prendre les choses en main. À commencer par un investissement de près de 560.000 $ sur l’année écoulée, dans 186 projets d’ensemencement de nuages. Cette technologie qui remonte aux années 40 augmente la capacité d’un nuage à produire des précipitations en injectant des particules qui condensent l’eau et entraînent la pluie.

Aujourd’hui, Les Émirats ont plutôt prévu de construire une montagne pour faire tomber la pluie. Une approche que ce pays envisage afin d’augmenter artificiellement les précipitations, notamment à travers un investissement de 400.000$, exclusivement destiné à l’étude de ce plan ambitieux. Et bien que l’idée sonne un peu comme un scénario de science-fiction, elle est basée sur un concept météorologique bien réel appelé «précipitations orographiques». En effet, lorsque l’air humide refroidit autour d’une montagne, des nuages se forment. Ce qui entraine de la pluie sur le flanc de la montagne qui est face au vent. Pour ce pays qui figure parmi les dix les plus pauvres en eau, chaque goutte compte. Le manque de précipitations, les températures qui montent à plus de 40°C, combinés à une consommation d’eau élevée, feront que les réserves d’eau naturelles soient à sec dans peu de temps. Dans des zones comme Abu Dhabi, où chaque habitant consomme en moyenne 145 litres d’eau par jour, les eaux souterraines devraient être épuisées dans les 50 prochaines années. Mais construire une montagne est une proposition extrêmement coûteuse, puisqu’estimée à 432 milliards de $. En attendant son approbation, la mise en place des mesures de rationnement de la consommation de l’eau et l’optimisation du traitement des eaux usées devient une question de survie. Mais tout cela pourrait être inefficace si le message est éclipsé par le style de vie pour le moins fastueux de certains émiratis. La conservation de l’eau est plus que jamais une priorité, au Maroc aussi où les précipitations annuelles ne sont que de 346 millimètres, en moyenne.

Hakima Yassine Chawki

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