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JE SUIS AMOUREUSE DE MON FRÈRE

JE SUIS AMOUREUSE DE MON FRÈRE

Mon nom est Fatima, je suis d’origine Égyptienne et je vis au Maroc depuis l‘âge de 10 ans. A cet âge là j’ai perdu ma mère dans un tragique accident où elle a emporté avec elle tous les souvenirs d’une personne affectueuse et protectrice.
Mon père, bouleversé par la cruauté du destin, ne savait guère comment mener le jeu, seul, au sein de sa petite famille. Il devint particulièrement sévère et autoritaire. Toujours de mauvaise humeur, il criait et s’énervait pour la moindre petite erreur. Bref, il exerçait un contrôle effrayant sur tous nos faits et gestes.
Terrorisée par son comportement, je trouvais souvent refuge auprès de mon frère aîné Ahmed qui était toujours à l’écoute et extrêmement attentionné à mon égard.
Nous étions très proches l’un envers l’autre et nous développions au fil des années une certaine complicité qui irritait mon père et le rendait méfiant et très jaloux. Pourtant, notre relation était saine. Ahmed était tout pour moi, je voyais en lui la mère que j’ai perdue, le père dont je rêvais, et l’ami ou le confident que j’estimais énormément.
Comme mon père redoutait impertinemment cette proximité, il m’imposa, un beau jour de me marier avec son vieux copain.
Malgré mes efforts d’imploration, il dédaigna mon désaccord et considéra ma tristesse comme indigne de ses désirs.
Finalement, je me mariai à l’âge de 17ans avec un quinquagénaire aigri et je vécus avec lui les jours les plus exécrables de ma vie: c’était un islamiste intolérant, grincheux et malveillant.
Je sentais un énorme vide dans ma vie. Mon frère me manquait beaucoup.
Tout a commencé lorsqu’un soir de Mai Ahmed devait passer la nuit chez moi. Mon mari était parti pour un long week-end  à Agadir en compagnie de mon père. C’est difficile à croire, mais ce fut pendant ce soir là que nous nous sommes soudainement sentis encore plus proches que nous l’étions avant. Nous avions commencé à nous regarder différemment. Il m’avoua qu’il avait au delà de l’amour fraternel une sorte d’inclination “illicite” envers moi et je lui confessai à mon tour que c’était réciproque.
Après mille hésitations, nous décidâmes enfin de franchir toutes les barrières de jugement et de transgresser toute valeur éthique et toute loi naturelle.
Nos aventures se multipliaient jour après jour et mon amour pour lui prenait plus d’ampleur. Cette situation me terrifiait mais paradoxalement me procurait beaucoup de bonheur. Le supplice devint alors plus grand lorsque mon frère s’installa définitivement chez moi juste après le décès de mon père.
Aujourd’hui, et bien plus que jamais, je n’arrive pas à saisir ce que je ressens exactement. Je me demande aussi tous les jours si je suis normale ou cinglée et surtout si je devrais aller me faire soigner dans un hôpital psychiatrique. En tous cas, je ne m’y sens pas prête du tout. Et tout ce que je sais, c’est que je n’arrive pas à me détacher de mon cher Ahmed.
Je ne nie pas que les remords m’envahissent aujourd’hui quand bien même je n’arrive point à revenir en arrière. Même l’idée farfelue de tout dévoiler à mon mari me taraude l’esprit, mais j’essaie de tout refouler au quotidien, car submergée par le bonheur de l’avoir dans ma vie, j’ai peur de le perdre ainsi.
Que faire donc lorsque l’amour fraternel s’échappe par des chemins de traverse? Que faire lorsque l’alchimie nait de cet amour consanguin? Je veux m’enfuir quelque part mais je ne peux pas le faire, par lâcheté, préférant me complaire dans cette situation aussi embarrassante que jouissive.
Je suis éperdument, tristement amoureuse de mon frère et je crois que je le demeurerai à jamais.