LA HAUTE COUTURE: UN LABEL MALMENÉ AU MAROC!

Le «Made in Morocco» n’a malheureusement jamais pu se hisser au rang des grands de la couture. Pourtant le savoir faire fait partie de son histoire, et la technique ne manque pas. Mais alors qu’est ce qui coince? Pourquoi le «Caftan» est-il connu mais pas reconnu?

Commençons par là où tout a commencé! Paris, capitale du luxe et de la haute couture, est une reconnaissance mondiale et une référence internationale. Une ville où le label «Haute couture» est pris au sérieux et ne se mange pas à toutes les sauces. Un règlement en faveur de la qualité et une protection du savoir faire, ce qui ne manque pas au Maroc, avouons le! Les broderies de haute précision et les tissages haute définition faits main, c’est un «art de faire» dont les marocains tiennent les secrets, mais qui ne bénéficie d’aucun statut ni de protection.
Voici comment cela se passe ailleurs en quelques points:
En France et dans le monde, l’appellation protégée «haute couture» est accordée aux maisons ou aux créateurs par décision ministérielle en charge de l’industrie. Un label prestigieux qui dépend d’un enchevêtrement d’organismes très officiels. Il y a la chambre syndicale de la couture, composante de la Fédération française de la Couture, du Prêt-à-Porter des Couturiers et des Créateurs de Mode (FFCPCCM), qui est elle-même membre de la Confédération française des métiers d’arts. C’est donc sur proposition de cette chambre syndicale de la couture que l’appellation “haute couture” est débattue. Parmi les adhérents de cet organisme, nous retrouvons, entre autres, des sociétés américaines, anglaises et même asiatiques, lui afférant ainsi un aspect international.
Pour obtenir ce fameux label, qui n’est pas des moindres, tout créateur quelle que soit sa nationalité doit répondre à un cahier de charges et remplir certaines conditions: Pour faire court, tout d’abord le “handmade”, ou l’ensemble des modèles, doivent être réalisés à la main. Les ateliers du créateur doivent comporter un minimum de 20 personnes travaillant à temps plein pour la maison. Une maison de haute couture doit défiler deux fois par an et présenter 25 modèles par défilé. Et bien sûr, afin d’assurer une visibilité à l’international, les créateurs doivent s’inscrire sur le calendrier officiel des collections. Des conditions qui sont aujourd’hui plus souples qu’avant, pour permettre aux jeunes créateurs de se lancer. Au Maroc, nous avons le savoir faire, la main d’œuvre, une histoire, des particularités et une diversité à en faire pâlir plus d’un. Mais pourquoi pas un observatoire national du Mâallem ou de la broderie Rbati? Ou encore une chambre syndicale des travailleurs du fil de soie?… À bon entendeur!

 

Meryame Mellouk-Ajar

 

 

 

 

 

 

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