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MAMOUN LAHBABI: ENTRE TES MAINS

Après «Une journée pas comme les autres» et «La pénombre des masures», Mamoun Lahbabi, écrivain et professeur à l’université Hassan 2, sort son 9ème roman: «Entre tes mains».

1La quatrième d’ouverture en dit déjà long sur la profondeur de l’histoire: «Elle est d’origine modeste, il appartient au monde des privilégiés. Leur union peut-elle s’affranchir des barrières sociales, dans une société forgée de dogmes, cloisonnée et qui abhorre les transfuges? Il est bien difficile de laisser libre cours à ses passions, mais le renoncement coûte un prix, parfois trop lourd à payer».
Assez réaliste mais aussi gorgé de rêves et d’imagination, «Entre tes mains» scrute les différences sociales qui émergent dès que la passion s’installe.
L’histoire raconte l’expérience de deux personnages, Yassine et Zahra, que le destin à unit pour un laps de temps. La passion les fusionne et les lie fermement. Chacun la vit à travers l’autre. Le monde des privilégiés et le monde modeste s’unissent détruisant toute aspérité. Ils ont atteint l’osmose et nul ne parviendra à détruire leur bonheur. Le lecteur est embarqué dans les réflexions profondes de Yassine sur la vie sans détours ni farces de Zahra. Et elle, simultanément, apprend à travers les réponses lyriques de celui ci, les valeurs culturelles qui édifient la pensée humaine et la renforce. A travers une analyse, une remise enCouverture question, moyennant d’un style tout à la fois soutenu, riche et fluide, Mamoun Lahbabi amène le lecteur, allègrement, à méditer sur un des sens de la vie. Pouvons-nous, nous même tenir les rênes du destin? C’est bien la question qui nous taraude après la lecture de ce beau roman. En voici un extrait:
… «J’espérais partir et je pars. Et je n’emmènerai rien avec moi. Entre lui et moi, l’osmose était totale comme si nous formions la même chair. Mais de tout cela il ne reste que des cendres. Et ces cendres refroidissent très vite. Je ne m’acharne pas à effacer les souvenirs, le temps les phagocyte. Je n’oublierai jamais de l’oublier. Et je ne vivrai pas ma vie à rebours. Je ne garderai pas mes yeux à l’arrière…»

 

Par Kenza Tazi