MISSION FRANÇAISE: LE CAUCHEMAR DES TESTS EST DE RETOUR

Encore une fois, c’est la période fatidique des inscriptions aux concours d’admission à la «fameuse école française». Depuis toujours, on le sait bien, la chanson se répète, comme il est bien le cas pour toutes les autres écoles privées ou étrangères, cela va de soi. Sauf que dernièrement, ou plutôt il y a une bonne quinzaine d’années, le rituel est devenu plutôt tendance.

Aujourd’hui, le mois de juin n’est autre qu’un supplice pour ces pauvres parents marocains soucieux de l’avenir «scolaire» de leurs enfants. Scolaire, professionnel ou sociétal, on n’en sait que peu! Par contre, ils ne le sont certes pas plus que les autres qui n’ont ni de quoi débourser la belle fortune mensuelle que cet enseignement idéal impose, ni d’où se procurer le bon piston pour y accéder. Certains à leur tour, croient fortement en leur bonne étoile et en les capacités de génie de leur progéniture. Ils tentent leur chance en leur infligeant des cours particuliers, peu importe le coût, et vont même jusqu’à leur ordonner de réussir ce maudit test à travers des séances psy «pas très catholiques» effectuées par leur propres soins. Et d’autres, se contentent des écoles privées, perçues et jugées aujourd’hui comme les écoles publiques d’hier, quand bien même les frais ne sont pas des moindres et pas non plus accessibles à tous. Sans oublier, ceux qui pensent mériter mieux en optant pour l’école américaine, et ceux qui se veulent différents ou quelque peu rebelles en préférant l’école espagnole, italienne, belge ou juive. De toute évidence, l’École Française reste la plus prisée, car au delà de son enseignement, «mieux réputé» et de qualité, relativement au système éducatif marocain, elle constitue une belle continuité des conséquences de la colonisation. Il s’agit de cette notion conformiste du Français qui vaut mieux que le Marocain en termes de culture et de savoir-vivre. Ce Français qui est toujours supérieur au Marocain même s’il est illettré ou issu du fin fond de la campagne. Ce Français épanoui et confiant que l’on doit respecter malgré tout et qui est l’exemple de la bonne éducation et du savoir-faire. Cette France qui offre les meilleurs diplômes et éventuellement les meilleurs emplois. Ce sacré Lycée Lyautey fréquenté par les riches, «les bonne familles» et «les privilégiés de la vie» en apparence. Cette langue française dont la mauvaise maitrise constitue un gros complexe voire une faiblesse chez plusieurs marocains. Et enfin ce monde moderne que l’on arrive difficilement à atteindre à travers les valeurs socio-culturelles, traditionnelles et religieuses de notre cher pays. Toutes ces raisons ne sont que les piliers d’un choix improbable, et surtout une façon d’assurer un avenir valeureux ou encore reconnu par les autres victimes d’une société préconçue.

Aujourd’hui, plus que jamais, l’école française est une nouvelle mode incontournable chez les marocains les plus aisés et même chez les plus moyens. Une course vers «le prestige»! Une sorte de mal nécessaire qui contrôle l’humeur estivale de certains parents et mène d’autres à faire l’impossible pour assurer l’admission de leurs enfants en allant jusqu’à déménager dans une autre ville où les demandes sont moins nombreuses; ce qui forme des enfants frustrés, et des parents déprimés. Et c’est bien malheureux car si la qualité de l’enseignement marocain était à la hauteur de toutes les attentes, on ne serait pas allé le chercher ailleurs. L’enseignement est un droit dont tout un chacun devrait profiter pleinement, fièrement et surtout gratuitement. Ce sont aussi des établissements publics respectables où toutes les classes sociales devraient idéalement fusionner, afin de former des esprits riches, tolérants, un peuple uni, et des citoyens conscients et responsables.

Par Kenza Tazi

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