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UNE ÂME QUE L’ON REGRETTE…,VRAIMENT!

La fatalité injustifiée; se faire ronger par cette pourriture de maladie alors que rien ne l’y prédestinait, puis la dignité; ne pas accepter de se rabaisser alors que tout son corps le lâche, le condamnant à passer ses jours et ses nuits allongés, uniquement sur son ventre, à en avoir la face gauche de son visage écrasée, et encore la dignité de ne jamais se plaindre de son sort, et surtout de l’accepter parce qu’il a foi en celui qui dicte sa destinée. Et nous, nous remettre en question, penser à ce que nous sommes devenus face à nos misérables tracas quotidiens à nous plaindre de tout et de rien.
Je garderai toujours le souvenir de cet homme affable et souriant, de ces gens humbles et généreux qui font l’unanimité autour d’eux. Cet homme passionné de ballon rond qui aurait certainement fait carrière dans le football s’il était né ailleurs que dans une petite ville où des dirigeants véreux vous empêchent d’aller vous épanouir ailleurs, passionné jusqu’à la mort gardant les séquelles d’une mauvaise blessure qui ne s’est jamais guérie.
Alors que les jeunes d’aujourd’hui, grâce ou à cause de la profusion d’images et de matraquages médiatiques ont leurs idoles argentines ou portugaises, nous, à l’époque, dans le quartier, dans la ville c’était lui, le grand frère qui jamais n’était avare en conseils ni en sourires, le champion que nous nous émerveillons à voir jouer avec l’équipe locale comme l’on se délecte aujourd’hui des matchs des championnats espagnols ou anglais.
Aujourd’hui tu es parti mon ami et mon frère, 7 semaines après ta princesse de nièce qui, elle, n’était pas malade mais qui n’aurait vécu que 15 printemps, fauchée au moment même où l’on commence à rêver de cette putain de vie.
Et aujourd’hui, je suis triste et égoïste à la fois mon ami, triste que vous partiez comme ça tous les deux, et égoïste parce que j’aurais aimé que tu restes un peu plus longtemps alors que je savais que ton salut et ton repos étaient dans ce départ.
 Je suis triste et j’ai envie d’être égoïste, j’ai envie de te pleurer comme tu aurais refusé que l’on te pleure, Abdelaziz, mon ami, que Dieu ait ton âme.

H.H

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