ZOOM SUR «THE WHITE HELMETS», OU LA QUÊTE DES SURVIVANTS

Netflix dévoile le teaser de son documentaire «The White Helmets» prévu pour le 16 Septembre. Une bande-annonce forte en émotions qui suscite l’engouement des internautes.

Plus que 130 000 vues en seulement deux jours. Avec une bande-annonce mise en ligne le 7 Septembre sur la chaîne Youtube de Netflix, «The White Helmets» (Les Casques Blancs, ndlr) laisse présager un documentaire, long de 40 minutes, enivré par ses propres émotions crues réduites en images et sons. Suivant les volontaires de la défense civile syrienne en ses interventions, le documentaire sonne comme une ultime mise en garde, un dernier avertissement avant la fin des fins. Émouvant, bousculant, ça touche et c’est ainsi que les Casques Blancs espèrent conquérir nos cœurs… mais pas que.

Qui sont ces White Helmets ?

Toujours inconnus des médias, les Casques Blancs, 3000 à en croire les estimations, jouent désormais un rôle crucial en première ligne d’un conflit qui mine la Syrie depuis des années. Non-armés, ils apportent les premiers soins, luttent contre les incendies, déblaient, réparent et alertent continuellement la communauté internationale sur la situation humanitaire qui se détériore dramatiquement en Syrie. Volontaires, ils sont les premiers à envahir sur cette terre livrée à elle-même et interviennent sans merci à la quête des survivants au risque d’y laisser leurs vies.

Bientôt quatre ans d’exercice sur le terrain du conflit qui se joue en Syrie et qui a fait plus de 200 000 morts, ce n’est que depuis quelques mois que l’opinion internationale commence à s’intéresser à leurs interventions. « Dans les médias, on parle des égorgeurs, pas de ces gens qui font des choses formidables » lance un ancien diplomate et expert de la Syrie. Et un représentant de The Syria Campaign à Beyrouth de rajouter: «Ces femmes et ces hommes sont des héros. » Parce que ce qui compte…c’est le sort de leurs concitoyens.

Neutralité, toute!

De l’ingénierie à la pharmacie, en passant de la menuiserie et de la couture, ces volontaires comptent parmi eux des étudiants aussi. De tous les horizons, ils constituent la plus grande organisation de la société civile opérant dans les zones en dehors du contrôle du gouvernement. Dans un autre registre, les Casques blancs fournissent des services publics à 7 millions de personnes (selon leur site-web). Au menu, «reconnexion des câbles électriques, fourniture d’informations sécuritaires aux enfants et la sécurisation des bâtiments.» On fait comme on peut. «Quand je veux sauver la vie de quelqu’un, je ne me soucie pas s’il est un ennemi ou un ami. C’est l’âme qui pourrait mourir qui me préoccupe.» Cette confession d’Abed – un membre des White Helmets – en dit long sur ce qui anime ces bénévoles dont, jusqu’à maintenant, 130 ont été tués en sauvant des vies. Leur engagement? Prôner les principes «Humanité, Solidarité, Impartialité» telles que définies par l’Organisation Internationale de la Protection Civile. Un engagement qui, guidant toute réponse et toute action entretenue, devrait servir en période de destruction à donner une lueur d’espoir aux Syriens, d’avoir une bouée de sauvetage. Ce que le responsable de Syria Campaign à Beyrouth confirme en glissant : «La religion comme la politique, ce n’est pas leur problème.»

Le Nobel serait-il blanc?

Réalisé par Orlando Von Einsiedel, le documentaire est retenu dans les sélections officielles du Festival du Film de Toronto et du Festival du film de Telluride. Ainsi, sa diffusion pourrait sensibiliser l’opinion publique au sujet de leur combat et réveiller les esprits sur les réalités pénibles de la vie des Syriens ordinaires. Outre cette distinction cinématographique, les White Helmets sont pressentis pour le Nobel de la Paix 2016, bien que la liste des candidats soit tenue secrète. Pas seuls dans une liste où sont examinées 376 candidatures qui vont du lanceur d’alerte Edward Snowden à la chancelière allemande Angela Merkel, en passant par le Pape François. Bref, la course pour succéder au lauréat 2015, le quartette du dialogue national tunisien, qui ne fait que commencer, s’annonce d’ores et déjà dure. Le Nobel de la Paix serait-il pour les Casques blancs ce Vendredi 7 octobre? D’ici là, une chose est sûre: leur combat mérite plus que jamais d’être mis en valeur.

Houssam Hatim 

 

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